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Autorité autoritarisme

La majorité de ceux qui exercent l’autorité, parents, enseignants, éducateurs le reconnaissent : il est plus difficile d’éduquer les enfants aujourd’hui que de “ leur temps ”. Nombre d’entre eux se sentent impuissants, démunis et seuls, certains ont, d’ailleurs, la nostalgie de ce temps où il suffisait d’élever la voix pour que les enfants se taisent et obéissent.

Et si les difficultés actuelles, nous invitaient au contraire à sortir du rapport de forces et des modèles reçus de l’enfance pour développer une autorité fondée sur la relation ?

 

 

 

Il y a quelques années, l’éducation s’assimilait au dressage des animaux qui doivent apprendre à se soumettre à leur maître. A l’école comme en famille, les adultes n’hésitaient pas à menacer, frapper, humilier, exclure pour obtenir obéissance et conformité aux normes et valeurs de la société.

Puis un regard nouveau est apparu sur l’enfant. Il est considéré comme une personne. Les souffrances physiques et psychologiques, générées par une autorité qui n’hésite pas à employer la “ manière forte ” pour arriver à ses fins, sont dévoilées. On dénonce ces excès de violence qui s’exercent en toute impunité. Certaines pratiques encouragées il y a quelques dizaines d’années sont désormais interdites.

L’autoritarisme est observé : s’il conduit l’enfant à obéir par peur d’être puni. Ceci ne l’aide pas à intégrer le sens et la nécessité des règles qui lui sont imposées : lorsque le représentant de l’autorité s’absente, l’enfant enfreint volontiers la règle... De plus, un sentiment de colère peut apparaître face à cette autorité “ toute-puissante ” qui refuse d’entendre, et qui peut se transformer en violence envers les plus faibles ou soi-même ou encore en désir de vengeance Quand je serai plus grand, vous verrez...”.

 

 

 

Quant à la permissivité, elle n’apprend pas à l’enfant à gérer ses frustrations, à prendre en compte l’autre, à se mettre à sa place. L’enfant reste le centre du monde, il devient un tyran qui continue de vouloir soumettre le monde et satisfaire ses désirs ici et maintenant. Malheureusement pour lui, il régnera sur un territoire de plus en plus petit et sera de plus en plus seul. Seuls resteront ceux qui accepteront de se soumettre à son bon vouloir.  

Il nous appartient de sortir du débat entre autoritarisme et permissivité pour faire émerger une autorité éducative. Ses objectifs ne diffèrent guère de celle proposée par les philosophes des lumières : rendre l’enfant libre, responsable et solidaire. En revanche, ce qui est nouveau, c’est l’approche proposée qui s’appuie sur les connaissances en sciences humaines acquises au 21ème siècle et permet ainsi de dépasser les limites d’une approche fondée uniquement sur la raison et la morale.

L’autorité éducative se différencie de l’autoritarisme par le fait que loin d’interdire la connaissance de soi, elle encourage l’enfant à savoir ce qu’il ressent, à se familiariser avec ses émotions pour qu’elles deviennent des alliés, des points d’appuis et ne restent pas des forces obscures qui poussent à la violence. Elle invite l’enfant à dire ce qu’il ressent, à développer son vocabulaire émotionnel pour trouver les mots justes qui décrivent son état intérieur. Une parole déconnectée du ressenti est une parole qui emprisonne autant que l’absence ou la pauvreté de mots. Par l’écoute, la reformulation, l’acceptation des émotions de l’enfant sans jugement, l’adulte aide l’enfant à développer une force intérieure, cohérente et profonde, qui le rend solide face aux attaques ou aux manipulations et ouvert à la rencontre et à la différence.

Si l’autorité éducative encourage l’enfant à exprimer ce qu’il ressent et ce qu’il pense, elle pose cependant des limites claires : l’enfant n’est pas autorisé à nuire aux autres et c’est ce qui la différencie de la permissivité. L’adulte invite l’enfant à prendre conscience des conséquences sur les autres et sur lui-même de ses actes et à chercher des alternatives à la violence. Les demandes de l’adulte tiennent compte des capacités de l’enfant et sont posées avec respect. Si l’enfant refuse d’accepter les règles, l’adulte le sanctionne non pas pour humilier ou blesser mais pour aider l’enfant à se mettre à la place de l’autre. L’enfant apprend ainsi à répondre à ses besoins tout en prenant en compte les personnes qui l’entourent.

Si l’autorité éducative demande à l’enfant de respecter la loi, elle l’autorise également à la questionner. Vers 3 ans, l’enfant s’oppose de façon parfois brutale : la loi est perçue comme une contrainte qui vient contrarier son désir et dont il ne comprend pas toujours le sens. A 7 ans, il devient capable de faire le tri entre l’arbitraire, le conventionnel et le rationnel. L’enfant n’obéit plus sans critique aux règles et conduites suggérées par une autorité extérieure. Il peut se détacher progressivement de la représentation puérile de la liberté : “ je fais ce que je veux quand je veux ”. Il argumente, négocie, intègre des points de vue différents. L’adulte, en acceptant de modifier la règle lorsqu’elle n’est pas juste responsabilise l’enfant.

Enfin, l’autorité éducative cherche à favoriser des relations d’entraide entre enfants. L’autre n’est pas seulement celui qui amène la frustration mais également celui qui nous tend la main, nous aime et nous fait grandir. En aidant les autres, on s’aide soi-même : plus l’enfant se connaît et s’apprécie plus il peut s’ouvrir aux autres et prendre soin d’eux ; plus il est attentionné aux autres, plus il vit des relations fructueuses. Le cercle vertueux se met en marche et conduit l’enfant à devenir progressivement lui-même, à prendre sa place dans la société non pas contre les autres mais avec eux.

 

Pour en savoir plus, des ouvrages sont à votre disposition à la BEMA d’Aubevoye.


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Samedi 25 Novembre 2017

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